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ça y est!

Vous vous êtes lancé dans l'aventure...

Votre réformé est là, prêt pour commencer sa nouvelle vie....

A partir de maintenant , une seule règle : patience.....

Linka, n'hésite pas à intervenir si je dis des bêtises!


Avant de commencer le travail de redressage proprement dit, le reformé doit passer par une phase de transition pour s'habituer à ses nouvelles conditions de vie et se "deprogrammer" de son passé  et de perdre sa musculature spécifique inadaptée au travail monté (les trotteurs sont ainsi enrênés de façon à avoir un port de tête haut pour leur rendre le galop physiquement très difficile, ce qui les muscle d'une façon qui est ensuite contraire à ce que l'on veut leur apprendre).

L'idée est de réinitialiser au maximum le disque dur, de laisser au cheval le temps de se retaper physiquement et moralement de découvrir ce qu'est la vraie vie de cheval, manger de l'herbe, avoir des relations avec ces congénères...et de perdre sa musculature inappropriée avec ce que l'on va lui apprendre par la suite.

Un mois de transition box-pré, puis trois ou quatre mois au pré si la saison le permet (les PS à la sortie des courses sont très fragilisés, et leur corps n'est pas adapté à la vie en extérieur), sont des préalables au redressage.Il ne s'agit pas bien sûr d'abandonner le cheval au pré, au contraire, ces quatre mois vont permettre de construire les bases de la relation!

Pour les plus jeunes ces mois vont également leur permettre de terminer tranquillement leur croissance, et attention, si le cheval est très jeune (un TF réformé à 2 ans pour non passage des qualifications) là c'est plus d'un an au pré, pour atteindre l'âge de débourrage normal d'un cheval (3 ans et demi) , mais ce qui va être l'idéal pour construire la complicité et partir ensuite quasiment comme si l'on avait un poulain normal.

Un temps incalculable passé à jouer les statues devant le box de ce trotteux jusqu'à ce qu'il vienne de lui même à la pêche aux caresses...


Le premier mois :

Première étape : l'adaptation du cheval à son nouvel environnement et à ses nouvelles conditions de vie. Un cheval de courses vit au box, reçoit une alimentation traditionnelle très énergétique, est travaillé quotidiennement. Il boit souvent  au seau afin que l'on puisse réguler précisément sa consommation et risque d'avoir un temps d'adaptation face aux abreuvoirs automatiques! Les chevaux sont souvent attachés avec une longe de chaque côté (à l'américaine et peuvent tirer au renard à l'attache normale , attention!

Dans les écuries de courses, face au nombre important de chevaux, il n'y a pas de contact personnalisé homme-cheval, les papouilles, les carottes, bine peu connaissent (ils s'y font très vite en général mais peuvent être surpris! Et certains peuvent profiter d'une plus grande "gentillesse" pour prendre le dessus sur leur nouveau propriétaire...attention de ne pas tomber d'un extrême dans l'autre!)

Il est donc hors de questions de le mettre au pré du jour au lendemain sous peine de graves troubles du métabolismes , jusqu'à de graves crises de coliques pouvant entraîner le décès. Il faut donc habituer progressivement le cheval à son changement de nourriture : on le laisse d'abord au box, en réduisant jours après jours sur un mois les rations d'avoine que l'on mélangera peu à peu avec la nourriture que l'on souhaite donner au cheval (granulé, d'avantage d'orge...) et en augmentant d'autant le foin, et on le met  progressivement dans un petit paddock en herbe (de deux à quatre heures par jour) la première semaine pour qu'il s'habitue à la liberté, au respect des clôtures et s'assurer qu'on le récupère facilement (quand il aura compris que sa ration l'attend au box, pas de problème). Le paddock ne doit pas être trop grand pour éviter les galopades dangereuses et pouvoir le récupérer plus facilement. Il est bon de mettre dans un paddock contigu un gentil cheval qui lui servira par la suite de maître d'école pendant ses premières sorties en extérieur et qui partagera le même pré. On augmente peu à peu sur le deuxième semaine le temps passé au pré, il est bon au départ de continuer à les rentrer la nuit au box, le temps que leur poil pousse un peu plus! Cette transition box-pré aura déjà été faite souvent si l'on passe par une association mais pas si le cheval sort directement de l'entraînement.

Mission parallèle: gagner sa confiance, l'apprivoiser...beaucoup de temps perdu en apparence...mais qui sera autant de temps gagné pour la suite!



Pendant les trois - quatre mois de "désintoxication" au pré.

- construire la relation par des visites régulières, travailler l'attache, prolonger le pansage...

-  commencer gentiment le travail à pied (voir les articles de la rubrique travail à pied) , tout d'abord apprendre au cheval à marcher en main en gardant sa place, s'arrêter, trotter en main, puis déplacer ses hanches et ses épaules (s'inspirer des jeux Pirelli par exemple), reculer en main.... en lui apprenant peu à peu quelques ordres vocaux simples : marche, trotte, oh là...

L'objectif premier est de lui apprendre le respect, à respecter votre "bulle", mais aussi à le placer en situation de réussite pour en faire un véritable partenaire.

Il faut l'habituer progressivement à travailler seul, d'abord avec des chevaux à proximité puis seul en carrière, puis l'habituer au manège...et le promener en main tout autour des écuries.

Une fois bien contrôlable en main, les promenades en main peuvent se faire un peu plus longues pour découvrir les départs des futurs balades.

On commencera à l'habituer ainsi à tous les bruits et objets de son nouvel environnement, on lui fera passer des barres au sol, passer entre des plots, des chandeliers et des soubassements d'obstacles, le tout dans le calme le plus absolu, en lui faisant découvrir la notion de récompense : arrêt de la sollicitation, voix, repos, caresse, sucre.... et du travail sans stress!


  Les débuts du travail....

Une fois les codes en main bien acquis et le cheval démusclé, on va pouvoir reconstruire peu à peu une musculature appropriée et commencer le travail de reconversion.

Un bilan vétérinaire - ostéo n'est pas inutile à ce moment là pour être certain que les problèmes rencontrés n'auront pas de cause physique.

Au travail donc.

Rien de plus simple...tout est quasiment à reprendre comme avec un poulain, trois fois plus de précautions en plus pour ne pas réveiller un mauvais souvenir...

D'abord , muscler le dos correctement pour rendre ensuite facile le port du cavalier.

Pour cela rien de mieux que le travail en longe, dans un rond adapté ou une petite carrière. Attention, certaines purs-sang en particulier n'ont jamais été longés, il faut donc tout reprendre comme avec un poulain (l'intervention d'un professionnel pour la première séance est un investissement non négligeable, ce n'est pas le moment de faire des erreurs qui vont s'imprimer profondément...)

Séances de longe très courtes au départ, à la fin d'une séance habituelle de travail à pied, car elles sollicitent fortement dos et jarrets : du pas uniquement les premières séances pour apprendre au cheval à garder le cercle.

On passera ensuite au PETIT trot (j'insiste sur le mot, le grand trot doit être éviter au maximum chez les TF pour ne pas reproduire d'ancien mécanisme), tout en ayant une impulsion suffisante pour se muscler (ça devient déjà plus difficile!) avec un enrênement type gogue long pour lui apprendre à s'étendre et à le muscler dans le bons sens.

Sur une dizaine de séance, on parviendra à des séances d'une vingtaine de minutes, avec beaucoup de transitions pas - trot - pas - arrêt- pas pour renforcer les codes vocaux.

On pourra ensuite le longer sellé (attention pour certains TF, la selle est une complète inconnue!) et en fin de séance de longe reprendre (ou découvrir chez certains TF) des exercices montoir avec encore plus de patience et de progressivité qu'avec un poulain (rappel, le jockey est mis en selle sur un cheval en mouvement : le montoir pied à l'étrier et arrêté ils ne connaissent pas!) :sautillement près de la selle des deux côtés, appui sur un étrier, puis sac à patate à l'arrêt et au pas, puis mouvements des bras, puis en fin s'asseoir en selle...en tout une bonne dizaine de séances très courtes, très calmement, ensuite le cavalier commencera à bouger en selle (la position classique est bien différente de celles des courses, le fait de ressangler à étant sur le dos du cheval est aussi nouveau) , puis longe avec le cavalier sur le dos , et enfin cavalier lâché au pas dans le manège (en présence d'un autre cheval).

En s'aidant des codes vocaux mis en place,le cheval apprendra peu à peu à réagir aux actions élémentaires : transition arrêt-pas, pas-trot et inverse, rêne d'ouverture, diagonales et grand cercles au pas et trot.

En fin de séance, on fera progressivement sortir l'autre cheval pour apprendre progressivement au réformé à appréhender la solitude. Quand tout cela se fait calmement, à raison d'une vingtaine de minutes montées après une bonne détente en longe, on peut envisager dans la foulée quelques minutes de pas en extérieur, en compagnie d'un autre cheval.

Pour le moment le galop est exclu, il fera partit du travail spécifique quand le cheval sera suffisamment à l'écoute et correctement remusclé.

Le travail spécifique pourra alors commencer. Pour bien visualiser le travail de direction, ne pas hésiter à utiliser des plots, des piquets..pour matérialiser des portes, des slaloms...à franchir.

à suivre.... spécificités des trotteurs et des galopeurs



Tag(s) : #rééducation reconversion des courses au loisir