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  Quelques critères d'achat d'abord si on a le choix entre plusieurs PS réformés : privilégier un modèle fait en montant, bien équilibré, qui marche calmement au pas, et qui sache trotter... , ceux qui sautent trop haut pour le steeple (donc perte de temps) peuvent être très bien repris en CSO et CCE puisque leur défaut était justement d'être trop respectueux (le risque : avoir été dégoûté du saut à force de faire trop d'efforts pour bien sauter...).

Ce sont la plupart du temps des chevaux très faciles à manipuler, qui ont l'habitude que l'on s'occupe beaucoup d'eux, très sensibles, ils comprennent vite, à condition qu'on leur demande les choses de façon claire et calme... Leur peau fine les rends assez chatouilleux, ce qui peut être délicat au pansage et les rendre réactifs à la jambe isolée...patience, douceur.
Au bout de quelques mois leur organisme s'adapte sans problème à un nouvel environnement et une fois une période de transition effectuée, ils peuvent vivre dehors sans pb, à condition d'avoir un bon abri. Et il est assez impressionnant de voir l'évolution de la longueur de leur poil!

On trouve bon nombre de Ps réformé en CSO mais surtout en CCE où certains atteignent un bon niveau : leur aptitude au galop rapide est un sacré atout sur le cross! Cependant si le cheval a fait du steeple il risque d'avoir l'habitude de sauter à plat, avec précipitation et à raser les obstacles, ce qui n'est guère compatible avec le CS0. Certains sont également réformés parce qu'ils ne veulent plus sauter et qu'ils se mettent à refuser...là encore, patience, confiance et longueur de temps...


Comment commencer la rééducation après la phase de transition? (voir articles 1 et 2 de la rubrique)
D'abord travail à pied, et des séances de longe régulières,  à raison de 20 minutes chacune, pour remettre le cheval en souffle et commencer à le muscler dans le bons sens tout en mettant en place les ordres vocaux.
Comme pour un jeune poulain non débourré : on tourne tranquillement aux 3 allures, mais l'essentiel se fait au trot, beaucoup de transitions pour installer les codes vocaux des trois allures et de l'arrêt. On exige le pas sur quelques tours en début de séance, quitte à marcher en main plus qu'au bout de la longe, puis recherche d'une petite cadence (d'où l'importance que le cheval aille au pré pour qu'il puisse se défouler ailleurs qu'en carrière!).
Quand le cheval a repris un peu de muscle et de souffle et répond bien aux codes vocaux, on introduit une puis des séries de 4 à 6 barres au sol au pas puis au trot pour cadencer l'allure. On continue bien sûr en parallèle le travail à pied : reculer, déplacer les hanches et les épaules.
On peut mettre un enrênement type gogue, réglé long, pour commencer à renforcer la musculature du dos.

Lorsque tout cela est acquis, on continue le même rythme longe et travail à pied, et on ajoute la leçon du montoir! Les jockeys ont l'habitude de sauter en selle avec un aide, il est donc plus prudent de passer qqs
fins de leçons de longe sur le montoir : on sautille à côté de la selle, le pied gauche dans l'étrier, puis on se met en sac à patatte . Deux ou trois séances plus tard, on continue les mêmes exercices et en plus on bouge les bras en faisant toujours les petits sauts un pied dans l'étrier. Quand le cheval ne manifeste plus rien, on se met debout sur l'étrier, puis au bout d'encore une ou deux séances, on arrive au véritable montoir : monter et redescendre immédiatement trois ou quatre fois de suite en fin de séance de longe, plusieurs jours de suite. Ne pas tolérer un pas du cheval en avant (s'aider d'un aide à pied : faire bouger le cheval sur place dans tous les sens s'il avance, arrêter toute demande dès qu'il s'arrête)...patience, longueur de temps...les bénéfices du travail à pied, des ordres vocaux et de la relation qui s'est maintenant installée devrait se faire sentir...!


Au bout de ces quelques semaines en longe, on va pouvoir passer au travail monté!
Le dressage est à priori mois le domaine du PS que l'obstacle, mais là encore avec du temps et de la patience, les exceptions existent : en courses, on demande aux galopeurs de s'étendre, de s'allonger au maximum avec des allures rasantes, un axe encolure-tête très ouvert, et un équilibre vers l'avant alors qu'en dressage c'est l'extrême inverse : on recherche le rassembler, le relèvement des allures et de l'avant-main. Le travail sera long, mais rien d'impossible d'autant plus que le PS sera jeune.


On évite les enrênements, on garde un mors creux, à olives comme il en a l'habitude, et on y va doucement : détente en longe avant de monter pourqu'il "jette son feu", un peu de travail à pied pour s'assurer de son écoute et le calmer un peu, puis travail dans un manège ou une petite carrière pendant une petite demi-heure et enfin quelques minutes au pas en extérieur autour des écuries (temps que l'on augmentera progressivement.) En extérieur, le pas sera pendant plusieurs mois la seule allure autorisée, pas question de voir ressurgir des envies de grandes galopades! La souplesse latérale et l'incurvation sont deux points noirs du réformés, mais avec une progression de travail bien conçue  on peut arriver assez vite à de bons résultats en alternant travail monté et en longe.
Les premières séances : détente en longe, travail à pied, puis monté : rênes assez longues, marcher sur la piste tranquillement au pas, s'arrêter, repartir au pas, commencer à prendre un contact léger, même chose au petit trot. Puis travail de l'incurvation sur des grands cercles au pas et petit trot, en cherchant toujours un contact léger et vers le bas. beaucoup de transitions en s'aidant de la voix puis travail du passage des coins, et petits cercles, 8 de chiffre, serpentine,  mobilisation des hanches et des épaules en main puis monté. On apprendra très vite au Ps à partir au galop du pas, et on ne galopera d'abord que très peu de foulées, en cherchant peu à peu en rapprochant les départs un équilibre vers les hanches.

Ces chevaux sont assez joueurs, ce qui peut faciliter le travail : slalom, jeux inspirés des pony-games, sont autant de moyens de travailler leur souplesse et leur contrôle sans s'en rendre compte!


A noter, une belle initiative pour la reconversion des chevaux de courses de galop : le début du partenariat entre France Galop et la Ligue Française de Protection du Cheval pour la reconversion des chevaux de courses de galop à leur sortie de l’entraînement. L’objectif de France Galop et de la Ligue Française de Protection du Cheval est de proposer une filière de reclassement à tout propriétaire ayant un cheval en fin de carrière qu’il ne sait comment réorienter. Contre un forfait de prise en charge, et grâce à des dons, la Ligue assure l’hébergement du cheval à sa sortie de l’écurie d’entraînement en vue de son reclassement dans l’équitation de sport ou de loisir. Une fois placé, le cheval fait l’objet de visites de contrôles régulières pour s’assurer de la qualité des soins qui lui sont prodigués et de sa bonne utilisation. Pour certains chevaux de courses, la seule issue est un hébergement au pré pour une retraite définitive. Là encore, la Ligue a un réseau de « familles d’accueil » susceptibles d’offrir des surfaces de pâturage suffisantes et une surveillance régulière.

 

Fin de la série reconversion, sauf si vous avez d'autres questions!

Tag(s) : #rééducation reconversion des courses au loisir