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D'abord il y a un livre: CHEVAL DE GUERRE de Michael Morpurgo

 

L'histoire : link
Un cheval raconte sa vie à la première personne comme si il parlait. Ses souvenirs les plus lointains remontent au jour où sa mère et lui ont été vendus et séparés pour toujours. Lui, a été acheté par un fermier alcoolique qui le maltraite. Heureusement, le fermier a un jeune fils âgé de 13 ans, Albert, qui prend le poulain en affection. Ensemble, le jeune garçon et le cheval grandissent à la ferme. Albert donne un nom au cheval, ce sera Joey. Il lui apprend à labourer les champs. Un soir d'été, on apprend que la guerre est déclarée contre l'Allemagne. Quelques temps plus tard, le père d'Albert emmène Joey au village pour le vendre à l'armée britannique sans prévenir son fils. Quand Albert arrive, c'est trop tard, le cheval est vendu. À ce moment-là, Albert veut s'engager dans l'armée pour suivre son cheval mais il est encore trop jeune et l'officier refuse.

Désormais, Joey appartient à l'armée et suit son entraînement pour devenir cheval de cavalerie. Pendant cette courte période, le capitaine Nicholls s'occupe de lui. Lors d'une sortie de cavalerie, Joey fait la connaissance de Topthorn, un autre cheval aussi puissant que lui mais plus endurant. Puis tous deux sont embarqués sur un bateau à destination de la France, là où se déroule la guerre. Très vite les deux chevaux sont engagés dans la bataille. Le canon gronde, les mitrailleuses tirent. Le cavalier de Joey, Nicholls, est tué lors de ce premier assaut. Suite à ce baptême du feu, Joey et confié à un nouveau cavalier, le soldat Warren. Ce n'est pas un bon cavalier mais il prend soin de Joey et s'attache à lui. L'hiver arrive. Les chevaux sont de moins en moins utilisés pour des attaques et restent en arrière du front. Mais un jour, une nouvelle charge de cavalerie est décidée. C'est un carnage. Les obus, les mitrailleuses et les barbelés tuent un grand nombre de chevaux.

Joey et Topthorn parviennent jusqu'aux tranchées ennemies montés par Warren et Stewart mais ils sont faits prisonniers par les soldats allemands. Chevaux et cavaliers sont séparés. Désormais, Joey et Topthorn servent à évacuer les blessés du champ de bataille en tirant des charrettes-ambulances. Le soir, ils sont confiés à un grand-père et sa petite-fille Emilie qui habitent une ferme. Ils sont français et sont les seuls survivants de leur famille ravagée par la guerre. Tous les soirs, Emilie s'occupe des deux chevaux avec amour.

Pendant un temps, la guerre s'éloigne et les deux chevaux redeviennent des bêtes de ferme. Mais un soir d'été, une colonne d'artillerie allemande fait escale à la ferme et le lendemain les soldats réquisitionnent les deux chevaux pour les atteler à un canon.

De nouveau, Joey et Topthorn connaissent la vie difficile du front. Les mauvais soins, la mauvaise nourriture, le froid, la pluie, la boue et le manque d'abri affaiblissent les chevaux de l'attelage. Les efforts demandés les épuisent. Mais quand le printemps revient, Joey et Topthorn retrouvent des forces. Au cours de l'été, les deux chevaux se trouvent en retrait du front. Un vieux soldat allemand, Friedrich, les prend en affection. Il n'aime pas la guerre et trouve un réconfort chez les chevaux. Avec lui, ils transportent des obus. Mais un jour, les forces de Topthorn l'abandonnent et il meurt. Au cours du bombardement qui suit, c'est Friedrich qui est tué à son tour. Son corps roule contre celui de Topthorn. Joey passe la nuit à leurs côtés mais au matin, les combats reprennent et Joey décide de s'enfuir. Mais autour de lui, la guerre fait rage et après s'être blessé sur des barbelés, il se perd sur un champ de bataille. Le voilà coincé sur le no man's land entre les deux tranchées ennemies et les barbelés. Un soldat allemand vient le chercher mais rapidement, un soldat gallois arrive aussi.

Le destin de Joey va être tiré à pile ou face. C'est le gallois qui gagne et il emporte le cheval vers sa tranchée. Alors on emmène Joey dans un hôpital vétérinaire. Là, il est confié à un jeune soldat qui doit le décrasser. Joey l'a reconnu à sa voix mais le jeune soldat mettra du temps à reconnaître le cheval de son enfance. Le jeune soldat, c'est Albert.

Malgré la joie des retrouvailles, la santé de Joey décline. Il a attrapé le tétanos. Il faudra toute la patience et l'affection d'Albert pour qu'il guérisse. La fin de la guerre approche. Les soldats vont bientôt rentrer chez eux. Mais l'armée britannique décide de ne pas ramener les chevaux en Angleterre. Ils seront tous vendus sur place. Le lendemain, alors que Joey risque d'être acheté par un boucher de Cambrai, un vieillard surgit et surenchérit. Joey l'a reconnu, c'est le grand-père d'Émilie. Très déçu de n'avoir pas lui-même remporté la vente, Albert demande à rencontrer le vieillard. Les deux hommes discutent, se racontent leur histoire, l'amour qu'ils portent chacun à Joey. Finalement, le grand-père est heureux de revendre le cheval à Albert pour une pièce de monnaie symbolique. Emilie, sa petite-fille qui est morte de chagrin l'année précédente, aurait sans doute approuvé son choix.

Albert fait la promesse au grand-père qu'il s'occupera bien de Joey là-bas, en Angleterre, dans sa ferme, où le cheval et lui vont enfin pouvoir vivre en paix.

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Et puis, il va y avoir un film de Steven Spielberg : Cheval de guerre

Et il y a un clin d'oeil entre les deux: 

Dans le prochain film de Steven Spielberg, Cheval de guerre, Michael Morpurgo apparaît deux secondes. Un figurant parmi d'autres habitants du Devon, filmé comme une carte postale par le réalisateur américain. Herbe verte, cottages fleuris, douces collines, «mais pas assez de boue», remarque perfidement l'auteur britan­nique, fermier à ses heures, dont le livre a fait l'objet de cette adaptation.

link

 

 

 

  Réalisateur: Steven Spielberg


Le scénario est signé Lee Hall et Richard Curtis d'après le livre de Michael Morpurgo « Cheval de guerre » et la pièce de théâtre de Nick Stafford, produite par le National Theatre of Great Britain et mise en scène par Tom Morris et Marianne Elliot.

Casting: Jeremy Irvine, Emily Watson, Peter Mullan, David Thewlis, Niels Arestrup, Tom Hiddleston, Benedict Cumberbatch, Toby Kebbell

  • Date de sortie :22 février 2012  
  • Durée : 2h27min
  • Pays de production :Etats-Unis
  • Titre original :WarHorse
  • Distributeur :Walt Disney Motion Pictures France
  • Synopsis :
    D'après le livre pour enfants Cheval de Guerre de MichaelMorpugo.À la veille de la Première Guerre mondiale, le jeune Albert mène une existence paisible dans une ferme anglaise avec son cheval, Joey, qu’il adore. Mais le père d’Albert décide de vendre Joey à la cavalerie britannique, et le cheval se retrouve bientôt sur le front français. L’ animal entame alors une extraordinaire aventure en plein conflit. En dépit des obstacles qu’il rencontre à chaque pas, Joey va changer la vie de ceux dont il croise la route. Incapable d’oublier son ami, Albert quitte la ferme et rejoint à son tour le champ de bataille dans l’espoir de retrouver son cheval et de le ramener chez lui.

Emilie (Celine Buckens).

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6 nominations aux Oscars à la 84ème Cérémonie Des Oscars 2012 : Meilleur film, Meilleure photographie, Meilleure musique, Meilleurs décors, Meilleur montage sonore, Meilleur mixage sonore.

Un article très complet sur les coulisses du film, les chevaux du tournage:

linkhttp://www.lacavalieremasquee.com/cheval-de-guerre-rencontre-avec-bobby-lovgren-dresseur-des-chevaux/

Bobby Lovgren, dresseur des chevaux du film, dans lequel son cheval Finder fait partie des chevaux acteurs...

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Extraits:

 

Finder a-t-il été le seul à jouer Joey ?
Non. Cheval de Guerre raconte l’histoire d’un cheval depuis l’enfance, quand il est poulain, puis yearling, jusqu’à l’âge adulte. Nous avons choisi des chevaux différents pour chaque étape de la vie de Joey.
À mes yeux, il n’y avait pas de « cheval star » sur le tournage. Ils l’étaient tous parce qu’ils avaient chacun leur propre rôle à jouer dans les différentes séquences. Et toutes étaient difficiles. Finder était le seul néanmoins à avoir une expérience dans le cinéma et à avoir joué un cheval en liberté dans un film. On définit la liberté d’un cheval par sa capacité à jouer sans contraintes. Il travaille de lui-même. Il était le seul à posséder cette faculté de pouvoir s’adapter à tout changement, sans que j’aie à le préparer encore et encore. Je savais ce dont il était capable. Il nous offrait une marge de sécurité car, sur un film, les choses changent constamment, et les chevaux inexpérimentés avaient plus de mal à s’adapter – ce sont des créatures qui aiment leurs habitudes. Finder est évidemment mon héros même si, encore une fois, tous les chevaux étaient héroïques à mon sens.

Parlez-nous du maquillage des chevaux…
Nous avions un département maquillage spécial pour les chevaux, et les maquilleuses ont fait un travail formidable malgré la difficulté. La production était très pointilleuse sur la robe des chevaux, et il fallait que chaque marque soit approuvée, ce qui demandait du temps. Toutes les balzanes (les marques blanches au-dessus des sabots) devaient être identiques, ainsi que les marques du front. Un travail à temps plein, surtout lors des scènes de guerre, lorsque les chevaux se salissaient.
Il fallait bien planifier le temps consacré au maquillage pour que l’on puisse tourner. Et lorsque l’un des chevaux était fatigué ou dans un mauvais jour, on prenait les doublures qui devaient être prêtes. Donc sans maquillage, impossible de tourner. Je devais savoir quels chevaux allaient tourner quelles séquence, et les tenir prêts. Tout en prenant soin de ne pas blesser les chevaux ou trop les fatiguer parce que la fatigue fait commettre des erreurs. Mon travail consistait ainsi à avoir tout cela en tête pour que les choses se déroulent correctement.

Quel âge a Finder, et comment avez-vous trouvé un cheval aussi doué ?
Finder a 11 ans. J’étais entraîneur sur Pur Sang, La légende de Seabiscuit. Nos producteurs, Kathleen Kennedy et Frank Marshall, avaient acheté des chevaux pour ce film et Finder était l’un des deux chevaux que je devais entraîner pour le film. À la fin du tournage, je l’ai acheté. C’est comme des retrouvailles puisque Kathleen et Frank sont de nouveau producteurs sur ce film. La boucle est bouclée.

[...]

Albert (Jeremy Irvine) et son cheval Joey.

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Les scènes de guerre ont-elles posé des problèmes particuliers ?
On a beaucoup travaillé les effets spéciaux, comme les tests de fumée, habituer les chevaux au bruit, maîtriser le périmètre. Il y avait beaucoup de bruit donc si le bruit avait dérangé les chevaux, on l’aurait ajouté plus tard. Il y avait aussi des bombes qui tombaient et de la poussière. La préparation nous a permis de mesurer l’impact de tout cela sur les chevaux – certains s’en moquaient et d’autres n’aimaient pas du tout telle ou telle chose. Quand on tournait une scène, je connaissais la séquence et on mettait en place le plan avec le premier assistant pour décider de l’endroit où la prise de vue serait la meilleure avec les chevaux. Par exemple, les explosions devaient être proches de la caméra mais les chevaux ne pouvaient pas être aussi près, alors il a fallu trouver un juste milieu. On devait aussi voir avec les équipes chargées des effets spéciaux pour définir les modalités des explosions – puissance, direction… Toutes ces choses étaient essentielles. Tout comme l’endroit, qui devait ressembler à un champ de bataille tout en restant un espace sans danger. Il y avait des armes de la Première Guerre mondiale et des barbelés – factices, bien évidemment.

Avez-vous travaillé avec l’American Humane Association pour assurer la sécurité des chevaux ?
L’association était présente tous les jours sur le tournage en la personne de Barbara Carr. Elle était fantastique. Un vétérinaire était également sur place bien qu’il n’y ait eu aucun problème. De la même façon qu’un médecin doit être présent dans une équipe, nous avions un véto. Il était indispensable durant les charges de la cavalerie en raison du nombre de chevaux. Si quelqu’un trouvait que quelque chose clochait, il pouvait s’adresser directement au vétérinaire.

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nombreuses photos et extraits vidéos du film :

linkhttp://www.commeaucinema.com/photos/cheval-de-guerre

 

où l'on trouve également un article sur les coulisses

Le casting des acteurs de Cheval de Guerre était crucial, mais celui des chevaux l’était tout autant, car ce sont eux qui devaient combler le fossé entre les espèces, établir un rapprochement entre le cheval et l’homme pour placer le public dans une perspective inédite. L’allure impressionnante des chevaux frappe l’imaginaire des réalisateurs depuis les débuts du cinéma – les premières images animées qui furent tournées montraient des chevaux au galop. Au cours du siècle dernier, le cheval a gardé un rôle important dans les films, souvent en toile de fond des westerns, mais aussi au premier plan de classiques comme Sarah, L’étalon Noir et Pur Sang, La Légende De Seabiscuit.

Aucun film avant Cheval de Guerre n’avait été aussi tributaire des capacités expressives des chevaux ou ne s’était penché sur l’histoire inédite de leur sacrifice pendant la guerre. Il était donc primordial pour spielberg de trouver des dresseurs dévoués et des animaux sensibles, afin qu’ils s’engagent en toute sécurité dans le projet et que les chevaux livrent un jeu authentique et très expressif. Finalement, une large troupe équine fut créée, incluant plus de cent chevaux placés sous l’égide du chef dresseur Bobby Lovgren, qui avait déjà travaillé avec les chevaux de Pur Sang, La Légende De Seabiscuit et est connu pour repousser les limites de l’art du dressage. lovgren recruta à son tour des dresseurs en Australie, en Espagne et aux États-Unis, ainsi qu’une équipe de palefreniers et de soigneurs, des manutentionnaires, des transporteurs, un vétérinaire et même une équipe pour le maquillage, le pelage et les crins des chevaux – tous supervisés par Barbara carr, représentante de l’American Humane Association.
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Steven Spielberg explique : “Bobby et son équipe ont littéralement accompli des miracles avec les chevaux du film. Depuis le début, j’avais insisté sur la sécurité des chevaux. Bobby y a veillé. L’autre personne importante pour moi était Barbara Carr, la représentante de l’American Humane Association, présente pour tous les plans. Je lui avais donné carte blanche pour tout arrêter si elle sentait que l’un des chevaux n’était pas à la hauteur des défis ou si elle pensait qu’ils pourraient être blessés. J’ai souhaité qu’elle assiste à toutes les scènes d’action et de cascades des chevaux, qu’elle soit présente aux répétitions lorsque nous bougions au ralenti, pas à pas, et qu’elle dise si elle pensait qu’il y avait un danger quelconque.”

À la lecture du scénario, Bobby Lovgren a été touché par ce portrait inédit des animaux en temps de guerre et par la constance affective de Joey mais il s’est aussi rendu compte que le travail serait ardu pour lui comme pour ses chevaux. Il avoue : “Au début, c’était un vrai casse-tête rien que d’y penser. Les chevaux ont tellement d’interactions différentes avec tellement de gens dans cette histoire et notamment dans les scènes de combat, que cela promettait d’être très difficile pour n’importe quel animal – et même pour les humains ! Mais nous avons commencé par être très consciencieux en termes de sécurité et nos dresseurs ont accompli des choses exceptionnelles. Aucun cheval n’a été blessé sur le tournage. Lorsqu’on les voit boiter dans le film, ils ont été dressés pour.”

Quatorze chevaux différents ont été utilisés pour incarner Joey dans son évolution de poulain à cheval adulte. Ils devaient reconstituer tous ensemble le portrait d’un seul cheval un peu naïf qui devient aussi noble, loyal et courageux que le jeune homme qui l’a dressé. Parmi ces chevaux, il y avait Finder, le propre cheval de lovgren (qu’il a acheté après l’avoir dressé pour Pur Sang, La Légende De Seabiscuit) qui a assuré les plus importantes scènes de jeu de Joey. lovgren dit de ce cheval, qu’il adore : “Finder a une capacité troublante à exprimer ses sentiments. Il y a eu deux scènes particulièrement délicates pour un cheval : celle où Joey est pris dans une clôture de fils barbelés – en fait du plastique pour qu’il n’y ait aucun danger pour les chevaux – et celle où Topthorn se débat et que Joey prend ses rênes pour essayer de le tirer. C’était très important que ces scènes dégagent de l’émotion mais c’est plutôt difficile d’y parvenir avec un cheval ordinaire. J’ai eu vraiment beaucoup de chance d’avoir Finder parce qu’il a une personnalité qui le rend attachant et crée un impact émotionnel sur le public.”

Quatre chevaux différents se sont partagé le rôle de Topthorn, ami et rival de guerre de Joey, mais dans la scène la plus forte, il est joué par un cheval très particulier baptisé George. Barbara carr se souvient de cette scène : “George devait rester immobile pendant que Finder, qui jouait Joey, s’approchait de lui. Les chevaux étaient tous les deux parfaitement bien dressés et calmes durant toute la scène. Steven avait un plateau silencieux. Personne ne bougeait. Il a si bien expliqué à tout le monde ce qui allait se passer que les chevaux n’étaient absolument pas stressés. C’était encore un grand moment d’émotion, l’équipe entière pleurait.” ali Bannister a été chargée de la conception de l’apparence de Joey, et la chef maquilleuse équine, Charlie Rogers, s’est assurée que les différents Joey étaient bien tous semblables. Elle explique : “Chacun des chevaux incarnant Joey était dressé pour des actions spécifiques mais ils devaient tous se ressembler. Chacun d’eux devait porter les quatre balzanes blanches au bas des jambes et la marque en-tête en forme d’étoile blanche sur le front. Cela prenait quarante-cinq minutes pour maquiller un cheval – et ils avaient tous un tempérament différent. Il m’a fallu beaucoup de patience !”

Barbara Carr a adoré voir l’équipe de Bobby Lovgren si bienveillante envers les animaux. Elle raconte : “J’étais présente à chaque séance de dressage. Je les observais apprendre certains regards et adopter des comportements auxquels les hommes peuvent s’identifier, ce qui est un apprentissage très difficile. Je les voyais s’accoutumer au fait d’être rasés pour arborer l’étoile blanche sur leur front. Au bout du compte, les chevaux s’habituaient à tout ça.”

Les chevaux se montraient souvent aussi enthousiastes dans les scènes que les acteurs, notamment lors des charges de cavalerie. Barbara carr raconte : “Les chevaux étaient ravis de galoper. Nous avions du mal à les arrêter parce que cela leur plaisait de courir tous ensemble telle une horde immense et c’était magnifique à voir.” Les acteurs ont trouvé que les chevaux s’accordaient parfaitement aux réactions humaines. Tom Hiddleston, qui joue le capitaine Nicholls, raconte : “Pendant tout le film, j’ai remarqué que les chevaux sentaient ce que j’éprouvais. Ils ressentent la peur, l’arrogance et la paix intérieure. Lorsque je me sentais calme, ils étaient détendus et quand j’étais nerveux, ils devenaient agités.”
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Patrick Kennedy, qui joue le rôle de Waverly, ajoute : “Nous nous sommes tous profondément attachés aux chevaux. Apprendre à les connaître et à les monter fut un très grand privilège.” Steven Spielberg a été très satisfait de la façon dont les chevaux se sont comportés en tant qu’acteurs. Il confie : “Je voulais que les chevaux jouent leur rôle aussi bien qu’Emily Watson et Peter Mullan. Et c’est ce qui s’est passé. Au cours du tournage, il y a eu des moments où les chevaux réagissaient d’une façon que je n’aurais jamais pu imaginer. Quand cela arrive, vous ne pouvez que vous incliner et remercier votre bonne étoile que ces chevaux aient une telle conscience des choses et qu’ils aient pu tout donner pour cet instant d’une intensité incroyable.”

La plupart des scènes de Cheval de Guerre ont été filmées avec des chevaux bien réels mais spielberg a utilisé un cheval animatronique pour certaines parties de la scène dans le No Man’s Land où Joey se retrouve piégé dans un entrelacs de barbelés. Bien des chevaux ont connu ainsi une fin tragique lors de la Grande Guerre. Neil Corbould, superviseur des effets spéciaux, a construit une réplique hallucinante et grandeur nature de Joey pour les besoins de la scène. Il commente : “Il était complètement robotisé et pouvait s’asseoir sur ses genoux. Nous avons creusé un trou de 1,50 mètre de profondeur et quatre à cinq marionnettistes enterrés dans le sol manipulaient le cheval.”

Néanmoins, pour le gros plan du visage de Joey, spielberg a utilisé Finder pour exprimer la profondeur des sentiments les plus intimes du cheval. Toby Kebbell, qui incarne le soldat britannique venu au secours de Joey, se souvient : “Le cheval animatronique était très réaliste. Il pouvait souffler l’air par ses naseaux et secouer la tête. Il ressemblait beaucoup à Joey mais rien ne valait le vrai !”

La charge de la cavalerie

La scène où Joey prend pour la première fois contact avec la guerre, en prenant part à l’une des dernières grandes charges de cavalerie contre les forces allemandes, a demandé énormément de travail avec les chevaux. Ces charges ont été la base de l’art de la guerre depuis l’époque des chevaliers mais ont pris fin lors de la Première Guerre Mondiale, lorsque la combinaison des barbelés et des mitrailleuses s’est révélée trop meurtrière pour les troupes à cheval. En 1914, près de 10 % des troupes britanniques faisaient partie de la cavalerie, ce chiffre est tombé à moins de 2 % en 1917.

Pour s’assurer que l’authentique charge de cavalerie qui propulse Joey dans la guerre se déroule sans encombre, Steven Spielberg a eu recours à un nombre inhabituel de prévisualisations. Il explique : “Il était très important que tout le monde, surtout les dresseurs et les cavaliers, puisse voir ce que l’on attendait d’eux. Je voulais que l’American Humane Association, les cascadeurs et les dresseurs puissent voir les prévisualisations et dire si cela leur paraissait trop dangereux ou si c’était réalisable. Il fallait être bien préparé et assurer la sécurité des chevaux.”

Spielberg a aussi fait appel au docteur David Kenyon, spécialiste de la cavalerie, comme consultant. Celui-ci a été stupéfait de voir l’histoire qu’il étudiait depuis des années prendre vie sous ses yeux. Il se souvient : “Avoir passé autant de temps à étudier la cavalerie dans les livres et la voir soudain devant moi a été un grand moment. La première fois que j’ai vu les cavaliers en uniforme, parfaitement équipés, avec les chevaux se comportant comme ils l’auraient fait à l’époque, cela m’a donné la chair de poule.”

Le nombre de chevaux impliqués dans la scène était impressionnant. Kathleen Kennedy précise : “Les charges de cavalerie dépassaient les cent chevaux, les plans prévus devaient être parfaits en deux ou trois prises pour éviter de trop fatiguer les chevaux. C’était un sacré défi.” Spielberg voulait que les chevaux passent à travers les tentes, afin d’accentuer le dynamisme visuel de la scène. Neil Corbould, superviseur des effets spéciaux, explique : “Nous avons utilisé des systèmes de déblocage rapide et des pièces élastiques pour que les tentes s’effondrent au passage des chevaux mais sans être entraînées dans leur sillage. Nous avons aussi utilisé des tables cassables et des chaises en mousse, ce qui, combiné aux effets sonores adéquats, donnait l’impression que les chevaux détruisaient tout sur leur passage mais cela ne les a pas du tout blessés.”
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Afin de montrer ce à quoi la cavalerie était confrontée dans cette guerre moderne d’un nouveau genre, le chef armurier Simon Atherton s’est procuré de vieilles mitrailleuses Maxim – la première mitrailleuse autoalimentée, connue sous le nom de “Pinceau du Diable” à cause de sa puissance de feu. Simon Atherton raconte : “Nous avons trouvé des marchands et des collectionneurs auxquels nous avons emprunté des armes en état de marche mais que nous avons évidemment fait tirer à blanc. Par contraste, les soldats britanniques sont équipés de sabres qui sont la réplique du modèle Pattern 1908 et les officiers de sabres du modèle Pattern 1912. Pour obtenir la légèreté des sabres, nous les avons faits en bambou puis nous les avons chromés.”
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La sécurité était prioritaire mais les acteurs étaient enthousiastes de participer à cette grande reconstitution. Benedict Cumberbatch déclare : “Il y a quelque chose de plutôt héroïque chez ces hommes qui se lancent à cheval dans la bataille. Ce devait être impressionnant de les voir ainsi en 1914 avec tant de faste et de détermination.” Pour les jeunes acteurs, c’était aussi une expérience qui donne à réfléchir. Tom Hiddleston se souvient : “Steven m’a donné la plus incroyable des indications pour la scène de charge de cavalerie. Il m’a dit : “Montre-moi ton visage guerrier au début du plan mais lorsque tu sens la caméra passer devant ton visage, je veux te voir rajeunir de vingt ans. Lorsque tu aperçois ces mitrailleuses, tu as 9 ans. Je veux voir l’enfant qui est en toi.” C’est la plus extraordinaire direction de jeu que l’on m’ait donnée. Spielberg a capté la perte d’innocence qui survient lorsque la cavalerie charge.”

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