Après les genoux , l'oeil ...!
Dans la série, en ce moment je joue les infirmières, on continue! En allant chercher Eros au pré hier midi, c'était évident quelque chose clochait : une arrivée au grand trot tête en l'air, hénissement aigu : du genre : enfin te voilà, j'ai un problème! Problème vite cerné, l'oeil gauche fermé, ayant doublé de volume et pleurant... Pas grand chose en fait, un coup sans doute (une branche peut-être), une heure et une application de collyre après, l'oeil avait repris presque sa taille normale, pleurait toujours un peu mais « propre » et seul le bord inférieur de la paupière était encore un peu rouge, deux autres applications de collyre hier en fin d'après-midi et en soirée, deux ce matin et déjà il n'y paraît plus rien. Trois fois rien donc mais guéri encore plus vite et en limitant les risques de complication par un traitement local effectué aussi simplement qu'un coup de brosse.
Cela mérite cependant un petit commentaire : l'intérêt de désensibiliser le cheval aux différents gestes et instruments de soins, histoire de ne pas devoir l'en priver faute de pouvoir parvenir à le soigner le moment venu, ou de pratiquer les soins dans des conditions d'énervement et de bagarres peu propice à une guérison rapide quand il s'agit d'une plaie, ou encore d'être obligé de recourir à l'ingestion de calmants pour une malheureuse petite intervention. D'où l'intérêt de prévenir plutôt que de guérir et de s'intéresser au « medical training ».
De quoi s'agit-il? Sous le nom de « medical training » se cache une méthode développée en particulier par les soigneurs de différents parcs zoologiques avec les éléphants, les otaries... et visant à les habituer aux différents soins et à se laisser manipuler en toute confiance afin de pouvoir intervenir plus facilement pour les soins vétérinaires, par exemple pour faire des prises de sang, prendre la température ou effectuer des soins bénins. Pour le cheval, dès son plus jeune âge, on peut travailler selon l'esprit de la méthode approche-retrait et du renforcement positif avec différents soins « pour de faux » : par exemple, on récupère une seringue buccale pour vermifuge, on la nettoie et on remplace le vermifuge par du miel... En quelques séances, plus aucune manifestation de défense face à l'arrivée de la seringue! Continuer ensuite régulièrement à alterner vrais et faux soins pour garder le bénéfice! On peut l'habituer progressivement aux différents spray, au thermomètre, à l'appareil d'ouverture de la bouche utilisé par les dentistes, et surtout à se laisser manipuler dans tous les sens sans réagir!
Comme tout apprentissage, il s'inscrit dans une progression raisonnable et demande d'être à l'écoute du cheval pour savoir jusqu'où on peut aller dans ses demandes, il peut tout à fait s'intégrer dans une séance de travail à pied.
Apprendre à baisser la tête à la demande et à la garder baissée fait partie des premiers exercices à effectuer.
