Ou encore mieux qu'il vienne au trot à votre rencontre?
Très simple!
Prenez un chêne, planté quelques mètres avant
l'entrée du pré sur le chemin en pente y menant, ajoutez sur le sol les très nombreux glands tombés cette année, complétez avec la marche rapide d'une cavalière pas très réchauffée en un matin
frisquet d'octobre., regardant au loin où était son Eros parmi ses copains et l'appelant, heureuse de le voir lever le nez de l'herbe...et zwip! Dérapage incontrôlé sur les glands version
roulement à billes...et atterrissage au bout milieu des dits glands. Voilà chacun son tour! Mais ajoutez un cheval ne comprenant pas pourquoi sa propriétaire trouvait tant d'intérêt à ce qu'il y
avait par terre, et le voilà plantant là ses copains pour venir voir au petit trot ce qui se passait! Ne restait plus qu'à se relever dignement (bah oui c'était fait exprès, juste pour qu'il
vienne plus vite!) et à passer le licol....
Sérieusement, comment faire?
Pas de dressage spécifique sinon une conséquence de la relation cavalier-cheval. Un cheval choisira de quitter son pré et ses copains s'il trouve avec son cavalier un intérêt plus important à ses yeux : manger! , un bon pansage, voir d'autres chevaux., jouer... C'est uniquement en renforçant le lien que l'on se facilite la tache au pré! Avec un nouveau cheval, il est bon au début de ne pas associer systématiquement la sortie du pré avec le travail mais d'aller le chercher au pré juste pour une séance de pansage, ou de le faire travailler d'abord, puis de le mettre au pré, puis de retourner l'y chercher pour le faire manger. Si une fois sur deux la sortie du pré est consacrée uniquement au plaisir, pas de doute qu'il va vite être motivé!
Avec Eros, dans 80 pour 100 des cas, il vient à ma rencontre au pas, tranquillement, en arrachant une touffe d'herbe par ci par là, dans 10 pour 100 il déboule au grand trot ou au galop, soit par gaieté soit en cas de soucis! Et dans 10 pour 100 il ne bouge pas et attend que je vienne à lui (quand j'arrive au beau milieu de la sieste ou si le cheval qui partage le pré avec lui vient juste d'y revenir).
Le seul cas où il faut intervenir s'il se renouvelle concerne le cheval qui s'éloigne de son cavalier. S'interroger tout d'abord sur la relation que l'on a avec lui bien sûr, mais quelque soit le temps à y passer, ne jamais céder et ne jamais repartir du pré sans le cheval qui s'il gagne une fois continuera de plus belle... Dans ces cas là, contraindre le cheval à continuer de bouger : tu t'éloignes, tu veux bouger, et bien tu vas bouger, mais parce que c'est moi qui te le demandes...maintenir une pression élevée, ne pas le laisser s'arrêter, puis quand on sent qu'il commence à se lasser, se rapprocher, adopter une attitude calme, bras le long du corps, s'approcher doucement, s'il recule ou s'éloigne, recommencer à lui demander de bouger jusqu'à ce qu'il vous laisse s'approcher. Là, le caresser, ne pas lui passer encore le licol, lui demander de reculer de quelques pas puis de venir , et quand enfin c'est lui qui fait ne serait ce qu'un pas dans votre direction, un sucre, le licol et on sort du pré pour juste aller broûter ailleurs ou un pansage (l'énervement et la fatigue résultant de la séance au pré sont très mauvais pour le travail et risquerait de laisser le cheval sur une mauvaise impression et donc de le rendre encore plus difficile à attraper) puis le ramener au pré, quitte à revenir une ou deux heures après pour une vraie séance de travail. Le cheval comprend vite que son intérêt est de ne pas bouger quand on vient le chercher au pré, que c'est finalement moins fatiguant....ne pas oublier tout de même avec le licol la petite friandise...c'est le « bonjour » essentiel pour la suite de la séance!
La meilleure façon de motiver à sortir du pré?
Savoir qu'il y a ça qui l'attend!