Toscane et art équestre... Italie et amazone...Sienne et le Palio.... encore d'autres points à développer...
Petit rappel historique tout d'abord :
L'Italie de la Renaissance a été le berceau des académies équestres et du dressage.Frederico Grisone fut l'un des plus célèbres écuyers italiens, on lui doit la fondation de l'académie équestre de Naples et il fut le premier à faire imprimer un important traité équestre : Ordini di cavalcare, paru en 1550.Après lui, Cesare Fiaschi, gentilhomme ferrarais puis Pignatelli qui aura pour élèves Salomon de la Broue (1552-1610) écuyer attaché aux écuries d'Henri II et Antoine de Pluvinel qui fondera en 1594 la première académie équestre en France.
Bref, c'est en Italie que naît et se théorise la haute-école et c'est là d'où viennent les maîtres des cours
européennes, pourtant aujourd'hui, ce remarquable passé équestre semble avoir du mal ) ressurgir.
Côté monte en amazone tout particulièrement, si la tradition veut que Catherine de Médicis ait apporté le passage de la sambue à la selle d'amazone en France, Historique de la monte en amazone et de la selle à fourches..... les amazones italiennes actuelles sont encore moins nombreuses et moins rassemblées qu'en France, même si la monta all'amazzone semble avoir un regain d'intérêt depuis quelques années; Alessia si tu passes par là... notre amazone italienne préférée...si tu peux nous en dire plus sur l'avancée du projet d'association d'amazones italiennes...
Alors, à défaut d'amazones, quels chevaux rencontre-t-on de nos jours en toscane?
Un mot sur la race locale tout d'abord, la race Maremma, dont les cavaliers "Butteri" sont au cheval de Maremma ce que les Gardians sont au cheval de Camargue. Il s'agit d'une race de chevaux de travail, dont les origines remonterait aux étrusques. Il fallut attendre la moitié du XXème siècle pour que la race se fixe totalement.
Quand au quotidien, les chevaux d'aujourd'hui sont toujours bien présents à Florence, en particulier dans le centre historique interdit aux voitures où les promenades en calèche sont nombreuses à être proposées (moins qu'à Séville il y a deux ans il est vrai!)
Et côté équipement, rien à redire!
Les clichés confortent ce que j'ai déjà dit à certaines concernant la météo... il faisait frais.. et les chevaux
avaient encore leur petite laine pour ne pas se refroidir entre deux touristes à promener!
Mais sans ravitaillement, rien n'est possible ! il y en a pour tous les goûts.. musette de grains place de la seigneurie ou foin devant le baptistère... bon appétit!

(rappel c'est au palais publique de Sienne que l'on trouve une représentation de femme à califourchon dans les fresques du bon gouvernement : Historique de la monte en amazone et de la selle à fourches..... )
Sans entrer dans la polémique, rappel historique
La ville de Sienne compte 17 contrades qui réunissent les citoyens d’un quartier. Ces Contrades qui ont des noms symboliques : Tartuca (Tortue), Onda (Onde), Lupa (Louve), Nicchio (Conquille), Oca (Oie), Istrice (Hérisson), Drago (Dragon), Civetta (Chouette), Chiocciola (Escargot), Pantera (Panthère), Aquila (Aigle), Bruco (Chenille), Leocorno (Licorne), Valdimontone (Mouton), Giraffa (Girafe), Selva (Forêt), Torre (Tour) s'affrontent traditionnellement lors du Palio, cette course qui se déroule deux fois par an, le 2 juillet et le 16 août. Palio provient du mot latin pallium, qui désigne un étendard de soie à la forme rectangulaire. Au Moyen Âge, c’était la récompense lors des tournois et des courses de chevaux. La première allusion au Palio de Sienne remonte au XIVe siècle, où il semblait déjà être une tradition bien ancrée. La course de chevaux était organisée alla lunga, c’est-à-dire à travers les rues de la ville et sans jockey. Ce n’est qu’à partir du milieu du XVIIe siècle que le Palio est couru alla tonda (en rond), sur la piazza del Campo et avec un fantino (jockey)
Trois jours avant la course a lieu par tirage au sort la remise des chevaux aux dix Contrade participantes et, dès ce moment-là, on baigne dans le climat de la fête, qui culmine lors des trois tours rapides qui constituent la course.Les chevaux se placent entre deux cordes, suivant un ordre fixé par le sort. Le dixième est le dernier; il prend son départ lancé; quand il entre dans l’espace qui lui est réservé par la deuxième corde, le starter fait sauter le système de cordes déclenchant le départ des autres.On ne peut nier le caractère dangereux de la course. Le sol a beau être recouvert pour l'occasion de 20 cm de terre et les contrôles vétérinaires de plus en plus poussés, les risques côtés chevaux comme cavaliers sont toujours présents, et quoiqu'en dise Camillia, notre guide à Sienne...j'avoue que je reste sceptique sur la "sécurisation" de la course...
Le plus souvent, les jockeys ne sont pas siennois: ce sont des «butteri» (gardiens des bestiaux en Maremme) et des campagnes du Latium ou des «vaqueros» sardes et siciliens. Ils établissent entre eux des pactes d'intérêt, ils s'aident, s’entravent les uns les autres, sans même tenir compte des consignes du Capitaine de la Contrada. Ce qui fait que la course la plus truquée du monde l'est tellement que tout finit par s'annuler, seule restant la valeur des chevaux... car au palio, qui se court à cru, le cheval peut gagner seul, après avoir désarçonné son cavalier. Il arrive en effert assez souvent que des chevaux gagnent le Palio «scossi», c’est à dire sans cavalier; déclenchant un enthousiasme colossal pour l’animal. C’est le cheval qui, selon la coutume, occupera le haut bout de la table, en septembre, lors du grand repas dans les rues de la contrada, c'est lui que l'on célébrera. On bénit d'ailleurs chaque cheval avant la course. La cérémonie de la bénédiction qui se déroule dans l’église de la contrada (chaque quartier a sa propre église et son propre musée) est un des moments forts du Palio, comme la parade des drapeaux qui précède la course.
La place où a lieu la course
Et pour comprendre cette manifestation de l'intérieur, je vous conseille le roman policier que je viens de commencer :
à suivre... les chevaux d'autrefois... et la liste des visites (et des repas, oui Béa, j'avoue ma cure de tiramisu et cantucci!)