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Eloi, né vers 588 à Chaptelat et mort à Noyon le 1° décembre 660, était orfèvre de métier, au service de Bobon, le trésorier royal. Un jour le roi Clotaire II vint lui commander un trône d'or incrusté de pierreries, lui fournissant très largement à cette fin le métal précieux nécessaire. Le jeune orfèvre se mit donc au travail et usa des maillets et des bigornes, emboutit et souda, martela et cisela, ragréa et brunit. Mais une fois terminé le siège royal du mérovingien, demeurait encore disponible une quantité d'or. Aussi l'honnête Eloi fabriqua-t-il un second siège qu'il dora avec ce qui restait de métal précieux et, lorsque le souverain reçut livraison de sa commande, quelle ne fut pas sa surprise de recevoir deux... dagoberts au lieu d'un simple trône.

Frappé par l'intégrité de cet artisan, Lothaire en fit son conseiller et ministre. Eloi conservera cette charge lorsque Dagobert succédera plus tard à son père.

Homme de cour et artiste, Eloi n'en demeurait pas moins un chrétien vertueux, aussi scrupuleux à suivre l'Evangile qu'à ménager l'or qu'on lui confiait. Dagobert ayant donné à son ministre la terre de Solignac, celui-ci y bâtit un monastère. Il en installa encore un autre à Paris dans sa propre demeure et, comme ces saints dont il honorait les reliques, il accomplissait lui-même des miracles : boiteux guéri, paralytique remis sur pied, main desséchée rendue à la santé, vin multiplié pour les pauvres.

A la mort de Dagobert Eloi entra dans la cléricature.  Il s'installa  à Anvers et se lança dans l'apostolat missionnaire auprès des Flamands, des Suèves et des Frisons. Sur son chemin fleurissaient les prodiges : guérisons de malades ou délivrances de possédés.

Ainsi un jour, et c'est ce qui nous intéresse, voulant un jour donner une leçon à un maréchal-ferrant trop prétentieux, il lui aurait montré de façon singulière comment ferrer un cheval : Eloi trancha la patte de l'animal, la ferra puis la remit en place sans que la bête en éprouvât du désagrément. On comprend dès lors pourquoi saint Eloi est devenu le protecteur des chevaux et le patron des maréchaux-ferrants, des maquignons, des cultivateurs, des vétérinaires ainsi que de tous les corps de métiers qui, jadis, avaient de près ou de loin un rapport avec les chevaux (et maintenant avec les chevaux-vapeurs) : bourreliers, charrons, carrossiers, charretiers, mécaniciens et garagistes.


A Florence, cette scène est représentée sur une des statues à l'extérieur de l'église Orsanmichele.

 

Eglise au destin curieux, d'abord couvent, puis grenier à grains,  on décida d'en faire le sanctuaire des différentes corporations de la ville. Les piliers creusés de 14 niches accueillirent les statues des différents saints patrons des Arts (corporations) de la ville, chacune étant financée par une des corporations majeures de l'époque. Les corporations demandèrent aux artistes les plus célèbres du moment de décorer les niches et de réaliser des statues en marbre ou en bronze, dédiées à leurs saints patrons, dont le Saint Eloi (1411-15) de Nanni di Banco - commandité par Maneschalchipour celles des Maréchaux-ferrants.

 

Tag(s) : #voyages : Florence - Rome - Seville - Venise...
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