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Si les représentations de femmes à cheval sont rares en Toscane, les chevaux sont en revanche omniprésents dans l'art : petit panorama de sa présence, période par période.


L'art occidental a toujours accordé au cheval une place de choix. Jusqu'à la récente mécanisation des activités de transport, le cheval était présent partout sur les routes, à la ferme et sur les champs de bataille. Le rôle utilitaire du cheval ne suffit cependant pas à lui seul à expliquer sa prééminence dans les œuvres majeures qui contribuent largement au patrimoine mondial de l'histoire de l'art


Un essai de panorama général, sur l'évolution des représentations du cheval dans l'art, illustré principalement d'exemples puisés lors de mon voyage à Florence. Certaines oeuvres sont détaillées dans des articles spécifiques : suivez les liens!

Et cet article est à mettre en parallèle avec celui là:

histoire de la monte en amazone et de la selle , pour les représentations des femmes à cheval dans l'histoire

Bonne lecture, et n'hésitez pas à compléter - questionner en commentaire... et à aller un jour voir ces oeuvres en vrai! Photos prises sur le web pour l'essentiel (photo interdite dans les musées)


De la préhistoire à la fin de l'antiquité

Les premières représentations d'équidés sont celles des chevaux nus que l'on peut encore admirer sur les parois des grottes ornées de la Préhistoire. Il s’agit là de chevaux primitifs, sauvages, non encore domestiqués, mais faisant partie du paysage familier à l’homme. Si les plus beaux chevaux de l’art rupestre sont probablement dans les grottes d’Altamira et de Castillo en Espagne, c’est dans celles de Lascaux qu’ils sont représentés dans le plus grand nombre : on les compte par centaines, de toutes tailles, isolés ou en troupeau. Dans la Sierra Morena, en Espagne, on a trouvé des représentations de chevaux avec des licous, indiquant déjà peut-être leur domestication.

Symbole universel de vitalité, de rapidité et d’élégance, le cheval évoque aussi la majesté et la splendeur, il a toujours occupé une place de choix dans les représentations artistiques. En sculpture, la plus ancienne, une figure sculptée provenant de l’Asie occidentale, date du IIIème millénaire avant Jésus-Christ. C’est une tablette sur laquelle sont sculptées trois races d’équidés.

Dans les civilisations antiques, les sculptures en bronze d’animaux, réels ou fantastiques, sont souvent à relier à un art animalier développé dans d’autres techniques, principalement la terre cuite (Chine, Bénin) ou l’or (Scythie) ou encore le fer. Le cheval, comme les autres animaux, constitue, seul ou associé à d’autres bêtes ou à d’autres motifs, un élément décoratif destiné à orner des objets utilitaires (armes, outils...) et ornementaux. Il commence aussi à être représenté pour lui-même en sculpture autonome.

Au musée archéologique de Florence, céramique datée d'environ 760 avant JC.

On trouve les chevaux assez souvent sur des pots à onguents, ou des petits vases d'huile parfumée pour le corps.


Ainsi, au Luristan, province occidentale de la Perse, des œuvres équestres, datant du XIIème au Vème siècles avant Jésus-Christ, ont été découvertes en 1928. Elles représentent des chevaux harnachés et portant le mors. Le cheval apparaît également en décor sur les étendards, les mors de chevaux ; il est aussi le thème de nombreuses pendeloques.

Plus à l’est, dans la Chine du nord, les chevaux inspirent aussi beaucoup les artistes. Une sculpture conservée au Musée Guimet à Paris, nous présente le cheval de Lo-lang, surgissant dans un style très réaliste, de l’époque des Royaumes combattants (475 - 221 avant Jésus-Christ). A cette époque, une route parallèle à la route de la soie est ouverte par les Hans, la route des chevaux. Les Hans, peuple de cavaliers, avaient rassemblé une cavalerie gigantesque et prestigieuse. En témoigne la découverte dans la région de Wou-wei de la tombe d’un général han, inhumé entouré de 39 chevaux, 14 chars, 17 cavaliers et 20 servants.

En occident, l’art grec, étrusque, gaulois et romain, donne au cheval tout son lustre. Il est représenté de différentes façons : seul, en attelage, monté par un cavalier, dans des scènes de combats... On le trouve sur les objets usuels, les objets religieux, sur les pièces de monnaie, en statuettes ou encore, comme à Rome, érigé en statues équestres monumentales.

Vases grecs au Musée archéologique de Fiésole et à celui de Florence

Musée archéologique de Florence


En Etrurie, c’est en orfèvrerie que l’art atteint une perfection qui le place au premier rang des civilisations antiques. Cependant le travail des autres métaux, et particulièrement le travail du bronze, est aussi à l’origine d’œuvres remarquables. Les étrusques se sont d’abord inspirés de la tradition artistique du Proche-Orient. Par la suite, ils ont imité les modèles grecs, sans toutefois se limiter à des copies serviles, mais au contraire en créant un style original où l’épuration des formes est souvent la règle. Le cheval est un modèle fréquemment interprété. D’une manière générale, les artistes étrusques négligent délibérément le détail dans la représentation de cet animal qui, par sa stylisation, s’apparente aux bronzes de la Perse. On trouve au musée archéologique de Florence ainsi qu'à celui de Fiesole de nombreuses statuettes en bronze de chevaux.

Le cheval est aussi très souvent représenté sur les urnes funéraires ou sarcophages étrusques, la mythologie étrusque voulant que le défunt se présente à cheval aux enfers, et les thèmes reprenant aussi ceux de la mythologie grecque.

Il y a bien sûr

Florence 1 : le sarcophage des amazones

Mais de nombreux autres sarcophages sur lesquels on trouve des chevaux, tel celui de l'obèse, trouvé à Chiusi, IIème siècle avant JC.


Dans la Gaule du Vème siècle avant Jésus-Christ, les chefs sont enterrés près de leur char de guerre, accompagnés du harnachement de leurs chevaux. Ce n’est donc pas un hasard si l’on constate que le cheval est l’animal le plus souvent représenté par les gaulois. Il apparaît sous une forme stylisée sur les monnaies. Il est seul ou attelé ou encore monté et peut prendre l’apparence d’un monstre (à queue de poisson, ailé, à tête d’homme). Il sert également de modèle à de nombreuses statues de bronze,et bien sûr est associé aux représentations de la déesse celte Epona. (Voir  histoire de la monte en amazone et de la selle)

Depuis le sculpteur Phidias au Vème siècle avant JC qui représente des chevaux sur les frises du Parthénon, les artistes grecs et romains trouvent un avantage politique à représenter un vainqueur sur son cheval plutôt qu'à pied. Les statues équestres se multiplient alors (la statue équestre de Marc- Aurèle à Rome en est le fleuron. Reposant sur trois pieds, le cheval et son cavalier de bronze, démontrent la maîtrise des fondeurs antiques. La statue était à l'origine entièrement dorée.). Les Grecs recherchent dans leur statuaire des corps bien proportionnés ,la qualité d’exécution montre une excellente connaissance de l’anatomie du cheval, connaissance qui ne réapparaîtra qu’à la renaissance. Le plus célèbre des cochers grecs, L’Aurige de Delphes fait partie d’un quadrige de bronze trouvé dans un sanctuaire de cette ville. Les empereurs romains se feront représenter dans une attitude triomphale sur chars et chevaux .... attitude que nous allons retrouver dans l'article à suivre sur le cheval dans l'art de la renaissance ...

Pour retrouver ces oeuvres "en vrai"

le musée archéologique de Florence

le musée archéologique de Fiesole

 



Tag(s) : #voyages : Florence - Rome - Seville - Venise...
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